Volcane, chère humaine II

08 avril 2013

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22 avril 2011

Quand le volcan se rendort

jimwarren

image : Jim Warren

Après les flammes dressées vers le ciel, après l'or flambant et incendiant le paysage, après la terre brûlée à vif, après les cris qui déchirent l'atmosphère, après la peur, la terreur, les nuits noires que seul illumine l'incendie toujours, après les coulées de lave figeant à jamais ce qui fut vivant, autant de statues défiant le temps malgré la mort inéluctable, autant de morts gisant sur le terrain défoncé, après la fureur terrible du cratère crachant sa colère, après l'éclatement de ce qu'on croyait être vrai, après l'intime déliquescence des ombres dégoulinantes de feu, que reste-t-il ?...

Le ciel s'unifie en un bleu-gris plombé des larmes tues que jamais n'éventera le silence qui retombe, uniformément tranquillement, doucement, sur la terre. Le volcan se rendort comme un enfant après un gros chagrin, ou comme une femme comblée après l'amour, ou comme une bête fatiguée d'avoir trop couru. Tout est dit ou presque. Le reste retombe aussi dans le silence, ou dans le secret des pages qui seront écrites ailleurs, dans d'autres terres, dans d'autres vies. L'horizon se fait, se reconstitue, se reconçoit enfin.

 

 

Merci à tous et toutes.

Je tourne une page mais la vie continue, difficile et belle : Spinoza disait bien que "ce qui est beau est difficile autant que rare." Qui m'aime me suive.

Ne vous inquiétez pas pour moi, jamais. Je suis de ceux qui savent être heureux malgré et pour tout.

 

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16 janvier 2011

Dernière pensée de l'année

Ce soir-là, le dernier de l'année, en faisant glisser sa petite robe de soie noire le long de ses cuisses minces et fuselées, puis en retirant précautionneusement son collant fin et ses escarpins à talons, elle eut une pensée générale pour tous les hommes qu'elle avait connus même il y a longtemps, pour tous ceux aussi sur lesquels elle avait fantasmé, sur tous ceux également qu'elle avait allumés sans consommer dans des soirées de fin d'année comme aujourd'hui. Elle laissa faire ses mains habiles, puis sentant la déferlante arriver, elle arrêta tout et pensa à celui qu'elle aimait : il lui ordonnerait de poursuivre jusqu'au bout, et pourquoi pas, il l'offrirait sans hésiter aux plus entreprenants. Cette dernière pensée l'acheva.

jlgrieg

photo : Jean-Louis Grig

Une fois de plus, la nouvelle année a donc commencé pour moi par une vague de plaisir ;)

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18 décembre 2010

Conte d'hiver

matthewdols

Matthews Dols

C'est dans une autre vie, une autre ville, un autre temps, un autre monde - hors de ce monde, hors du temps, hors de tout ordre. C'est l'hiver et il neige, ils marchent l'un à côté de l'autre dans la rue froide et venteuse, sans se tenir la main, ils hésitent entre deux cafés vides puis entrent au hasard dans l'un d'eux. La chaleur saisissante après le froid comme c'est bon, presqu'aussi bon que leur plaisir tout à l'heure. Il n'y a qu'un homme au comptoir qui boit un demi et raconte sa vie au barman, mais le barman doit être le patron, à cette heure creuse de l'après-midi où la clientèle en semaine est quasi inexistante il n'y a que le patron en fait. Et eux. Assis l'un en face de l'autre avec des morceaux de leurs vies, des minutes qui s'égrennent, des flocons par la fenêtre, et le souvenir encore brûlant de leur intimité partagée quelques instants. Si peu. Tellement de choses silencieuses. Qu'ils ne diront jamais. Dans une autre vie, un autre temps. Une vie qui n'existe pas. Un temps qui n'arrivera jamais et qu'ils n'attendent pas d'ailleurs.

Elle parle peu. Il ne fait aucun geste. La bulle neigeuse et silencieuse autour d'eux protège cet instant suspendu. Ailleurs les trains filent dans les campagnes gelées, les bus traînent aux feux rouges, les enfants regardent les lézardes aux murs de la classe et la neige qui blanchit la cour, les commerciaux, les assureurs, les banquiers, les conseillers, etc vendent leurs produits avec brio et emphase, les secrétaires filtrent les appels et organisent des séminaires, les médecins font patienter dans la salle d'attente, les grands magasins rutilent de brillance et de couleurs festives pour Noël qui approche...Ailleurs tant d'autres vies, d'autres morceaux, d'autres histoires, de sexe, de coeur, de famille, d'argent, de travail, etc.

Juste un peu de plaisir, quelques étoiles imperceptibles dans leur regard, déchirant l'opacité blanche de ce jour d'hiver si normal, la tranquillité et la normalité acquises à jamais, déchirant le temps lui-même, et qui réchauffe un instant leurs coeurs solitaires.

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28 novembre 2010

Une victoire

dreams

photo : Anton Postnikov

Elle se souvient du froid, du soir et de son grand manteau sombre, des petites rues pavées du vieux Paris, les mêmes qu'elle allait éviter des années plus tard, l'angoisse au ventre. Elle se souvient du geste qu'il avait eu ce soir-là et de tout son espoir à elle, de son attente fiévreuse et de son désir brûlant de le connaître enfin. Elle se souvient comment a fini ce soir-là et elle sourit, seule dans l'ouate grise de l'automne. Les années ont passé, pas son désir, pas son envie mordante, lancinante, inextinguible de lui. Les rues pavées sont loin, peut-être même qu'un jour elle osera y revenir, parce qu'il y a d'autres histoires si belles là-bas -comme ce soir lointain de février justement où il l'avait prise contre lui...D'autres histoires plus belles que les souvenirs de peur, d'angoisse et de salissure qui ont abîmé ce quartier qu'elle aimait. Les quartiers de Paris ont cela de particulier qu'ils sont toujours pleins d'histoires personnelles, de baisers volés, de murmures envolés, d'errances nocturnes, de bars trouant la nuit comme autant de phares dans une mer noire et glacée...Elle sourit. Elle sait qu'elle a gagné une fois de plus. Que son désir, sa force, son audace, tout ce qui fait d'elle cette femme unique et difficile, sont là, plus que jamais. Qu'elle a retrouvé le fil d'Ariane, qu'elle peut continuer à travers les quartiers de sa capitale tant aimée, la quête précise et infinie à la fois...

Elle regrette qu'il n'ait plus ce manteau sombre, elle a gardé le sien, long et droit, beige, style militaire, parce qu'elle ne change pas, ou si peu que c'en est imperceptible. Elle pense à cet autre quartier, si grand, si beau, celui qu'elle rêvait d'habiter quand elle le traversait enfant, tenant la main de son père. Il a habité là son père en plus. Bientôt elle le connaîtra mieux. Elle le remplira de son histoire, de son regard, de sa vie, elle le traversera, droite et fière dans son tailleur, toujours la même rigueur militaire dans son regard, elle sait qu'elle a gagné une partie très difficile, que c'était pas acquis, elle n'oubliera jamais le sang laissé sur les pavés du vieux Paris, la course folle et égarée, la peur au ventre de la bête traquée, l'injustice et le renoncement. Mais tout ceci n'est pas très important face à sa terrible et éclatante victoire d'aujourd'hui.

Je suis tellement la même et cependant cette autre que je rêvais de devenir, alors c'est vrai que les rêves des petites filles en hiver, les yeux tout mouillés de froid, ne finissent pas toujours en simples désillusions ? La petite fille sourit, mutine, espiègle, volontaire et sérieuse aussi, comme autrefois quand elle ramenait le carnet de notes et qu'elle était une fois de plus la première de la classe.

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12 novembre 2010

Ce qu'il reste de toi

Grégoire Ce qu'il reste de toi

Tu manques à ma vie, tu manques à mon sourire, tu manques au temps qui passe...Sans toi j'essaie de vivre parce qu'il le faut, parce que je suis ta fille et que tu m'as enseigné la persévérance, le devoir, la rigueur, la droiture, l'amour, le foyer, autant de piliers qui soutiennent mon pauvre édifice, mais parfois comme ce matin ça ne suffit pas, Papa. J'ai beau être exactement celle que je veux être, celle que tu aimais, féminine et sérieuse à la fois, mutine et grave, j'ai beau poursuivre la perfection dans chacun de mes actes, j'ai beau sculpter la statue comme tu m'as appris à le faire, assidûment, passionnément, tu n'es plus là, et quand s'élève mon oeuvre je n'ai plus ton regard pour me confirmer sa valeur, ma valeur...

Ta valeur. Révolte, insoumission, liberté, indépendance, humanité, humanisme, savoir, perfectionnisme, beauté, vérité, amour...Je continue la quête perpétuelle, celle du Graal, celle qu'un jour qui s'enfonce dans la brume de mes souvenirs de toute petite fille, tu m'as transmise avec ta force incomparable. Mais ce matin toute ma force ne sert à rien je regarde ta photo là sur mon bureau, et les larmes arrivent jusqu'à ma bouche maintenant, ce qu'il reste de toi c'est ça aussi, cette émotion à me tordre le coeur, cet amour plus profond et terrible que le temps lui-même puisqu'il le défie, je t'aime.

goth

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30 octobre 2010

Douce heure d'automne

automne

L'été est loin depuis longtemps, cependant brûle et se consume sous les feuilles d'or un lancinant désir. Manquent à ma chair avide tes mains larges sur mes seins, tes lèvres exigeantes qui me dévorent et ton regard qui me transperce, comme manque le soleil à cette journée trop pâle...Je m'en veux un peu du tourbillon de la vie qui me jette chaque jour à la conquête de mon avenir, je voudrais tant avoir déjà réussi et être simplement en face de toi, te retrouver dans un petit café en fin de journée, dans la demi-pénombre du jour qui s'en va doucement éclairé par les lustres un peu démodés de ce café, tes mains emprisonnant les miennes, froides et tremblantes de te retrouver, et tu saurais tout de suite mon envie de toi, terrible, irrépressible, et tu lirais dans mes yeux sombres tout ce que je serais prête à faire...Alors seulement, tu ferais glisser mon manteau de mes épaules et découvrirais toute ma beauté, à toi seule offerte, l'écharpe noire de laine fine glisserait à terre et je ne ferais rien pour la retenir, pas plus que pour repousser ta cuisse forte et musclée qui forcerait mes jambes à s'écarter.

Je nous imagine là, dans ce café en-dehors du monde et pourtant au milieu d'un quartier très fréquenté de Paris, à l'heure où l'on quitte les bureaux mais où les magasins sont encore ouverts, et je sais que c'est pour bientôt mon amour, ce moment-là, juste avant l'hiver, où je n'aurais pas suffisamment froid pour remettre mon manteau ni pour resserer les jambes...

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18 octobre 2010

Nous fûmes deux

vbareta

photo : Valery Bareta

Par-devers moi ces quelques images restent, vestiges fantasmés, rêve éveillé, souvenirs indélébiles ou simples images symboliques, qui sait...Dans la pâle clarté automnale d'un matin qui a peine à se lever, flottent les sourires de deux nymphes enfantines encore -toujours devrais-je dire, et je me love dans les draps chauds juste une minute encore, encore.

Ses cheveux lisses et mes boucles brunes dansaient dans la lumière feutrée, à la fenêtre le jour gris et froid me rapelle les automnes de l'enfance, les feuilles craquantes sous mes bottes et les marrons que j'envoyais rouler du bout des pieds loin sur la chaussée, la route de l'école et la "meilleure copine" que je n'ai jamais eue. Il y en avait beaucoup pourtant, des filles autour de moi, elles tournaient toujours en fait, jamais les mêmes, Line la sage avec sa blouse à carreaux et ses ballerines, Isabelle la petite boute-en-train, Sylvie la timide, Peggy la cochonne comme on l'appelait, et tant d'autres dont j'ai peine à me souvenir des prénoms...Elles essayaient de me plaire, m'offrant des bonbons, des petits articles de papeterie fantaisie, des billes rares. En échange je les acceptais, mais je ne les aimais que comme faire-valoir, bonnes à tout faire, ou souffre-douleur. Mes vrais amis c'étaient les petits gars, Franck, Phillipe, Pascal, Denis et les autres, j'étais la seule fille parmi eux. Ce matin je me prends à croire qu'il en eût été autrement si seulement j'avais connu alors cette petite fille-là, aux cheveux lisses et au regard profond, séductrice et rebelle comme moi.

Les images du rêve déjà s'évaporent, ses belles mains soyeuses sur ma peau frissonnante, sa voix douce, et toutes les promesses silencieuses de notre émoi commun, il reste juste un peu de buée au carreau, je trace du bout de mon index une lettre sur la fenêtre, elle, moi, la même initiale, et le matin achève de se lever dans un halo de clarté gris-perle.

Nous promenions notre visage
(Nous fûmes deux, je le maintiens)
Sur maints charmes de paysage,
O soeur, y comparant les tiens.

Stéphane Mallarmé (Prose pour des Esseintes)

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07 octobre 2010

Rouge

fdblok

peinture : Frank de Blok un artiste que j'ai découvert cet été, une oeuvre bouleversante de beauté...

A David, mon frère tant aimé, hospitalisé depuis lundi

Parce que le rouge est ta couleur
Parce que sans toi tu vois je meurs
Parce que ton rire et ta douceur
Ce soir manquent tant à mon coeur.

Toi mon frère d'armes
Frère aussi de larmes
Toi dont les yeux désarment
Même ta soeur cette carne.

Ce soir sur ton lit d'hôpital
Seul contre le mal
Je t'imagine encore si mâle
Si pur aussi tout près du Graal.

Parce que sans toi le monde est vide
Absurde aride
Et impavide
David.

Parce que c'est moi qui t'ai nommé
Le bien-aimé
Tu peux pas me laisser tomber
Parce que merde je suis ton aînée !

Parce que je t'aime à en pleurer
Parce que je crois en ta santé
De fer tu l'as toujours été
Et que c'est encore l'heure d'été.

Parce que le rouge est ta couleur
Notre sang et notre valeur
Me laisse pas au champ d'honneur
Elle a besoin de toi ta soeur.

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29 septembre 2010

Cher

dlefort

Si vous m'êtes si cher
C'est qu'avec vous ma chair
S'embrase en un éclair
Mes cris déchirent l'air.

Si vous m'êtes si cher
C'est qu'aujourd'hui la terre
Sans vous serait la guerre
Si proche de l'enfer.

Si vous m'êtes si cher
C'est qu'aussi le mystère

Demeure comme naguère
Et que tout est à faire.

Si vous m'êtes si cher
C'est que tout est si clair
A l'endroit à l'envers
Je suis dans la lumière.

Si vous m'êtes si cher
C'est qu'auprès de mes pairs
Aucun possible impair
A votre bras si fière.

Si vous m'êtes si cher
C'est que même mon père
S'il fût encore sur terre
Vous aurait dit "mon cher".

Si vous m'êtes si cher
C'est que vous faîtes taire
Mes pleurs les plus amers
Mes pensées délétères.

Enfin vous m'êtes cher
Sans raisons ni critères
Vous êtes mon repaire
Mon soleil et ma terre.

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