automne

L'été est loin depuis longtemps, cependant brûle et se consume sous les feuilles d'or un lancinant désir. Manquent à ma chair avide tes mains larges sur mes seins, tes lèvres exigeantes qui me dévorent et ton regard qui me transperce, comme manque le soleil à cette journée trop pâle...Je m'en veux un peu du tourbillon de la vie qui me jette chaque jour à la conquête de mon avenir, je voudrais tant avoir déjà réussi et être simplement en face de toi, te retrouver dans un petit café en fin de journée, dans la demi-pénombre du jour qui s'en va doucement éclairé par les lustres un peu démodés de ce café, tes mains emprisonnant les miennes, froides et tremblantes de te retrouver, et tu saurais tout de suite mon envie de toi, terrible, irrépressible, et tu lirais dans mes yeux sombres tout ce que je serais prête à faire...Alors seulement, tu ferais glisser mon manteau de mes épaules et découvrirais toute ma beauté, à toi seule offerte, l'écharpe noire de laine fine glisserait à terre et je ne ferais rien pour la retenir, pas plus que pour repousser ta cuisse forte et musclée qui forcerait mes jambes à s'écarter.

Je nous imagine là, dans ce café en-dehors du monde et pourtant au milieu d'un quartier très fréquenté de Paris, à l'heure où l'on quitte les bureaux mais où les magasins sont encore ouverts, et je sais que c'est pour bientôt mon amour, ce moment-là, juste avant l'hiver, où je n'aurais pas suffisamment froid pour remettre mon manteau ni pour resserer les jambes...